Présenté au stand des éditions du Félin lors des  24e Rendez-vous de l'Histoire de Blois (6-10 octobre 2021) et mentionné à cette occasion dans la Marche de l'histoire (Valérie Nivelon, RFI) puis dans le podcast Maunauscopie, l'ouvrage est disponible en librairie depuis octobre 2021. UE : 25 €, Royaume-Uni : £19,97, Canada (15 novembre 2021) : 48 CAN $., USA : $ 40,76.



En 1919, bien avant Black Lives Matter, un policier militaire américain abat froidement à Nantes un promeneur guadeloupéen. On lit alors dans la presse indignée que les Français ne cultivent pas le préjugé des races, lequel est solennellement condamné par les députés de la seconde puissance coloniale du monde.


Bars ségrégationnistes des années 1920 ou 1960, piscine fermée aux Algériens (1964) ou diarrhée antisémite d’un sénateur SFIO (1959), d’autres affaires offrent à l’opinion l’occasion de s’indigner et d’énoncer la norme idéale d’une France immunisée contre le racisme : Raymond Poincaré s’oppose à Paris à une discrimination, forcément américaine et René Pleven juge longtemps inutile une loi antiraciste finalement votée en 1972 et qu’on persiste à tort à lui attribuer.

 

Loin de l’anachronisme dogmatique ou de l’idéalisation naïve, l’historien Dominique Chathuant explore le mythe immunitaire à l’échelle du XXe siècle, au cœur puis en aval du contexte colonial. Il nuance l’apparente nouveauté du présent en montrant qu’on dénonce déjà en 1917 l’importation d’idées américaines, qu’on teste les discriminations dès 1939 ou qu’on emploie très tôt les termes « raciste » (1924) et « racisé » (1965).


Nous qui ne cultivons pas le préjugé de race. Histoire(s) d'un siècle de doute sur le racisme en France, Paris, éditions du Félin, octobre 2021, 504 p., 25 €.

Broché - EAN13 9782866459611 - ISBN 978-2-86645-961-1 - Éditions du Félin - Date de publication 14/10/2021 - Collection « Histoire et sociétés », 23 x 15 cm, bibl., index, 25 €.

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Professionnels : Joindre Emmanuelle Scordel, responsable du SP.


Mots clefs
- Histoire - France - Histoire culturelle - Histoire sociale - Histoire impériale - Culture politique assimilationniste - Racismes / Antiracismes - Discriminations - Histoire politique - France coloniale - Judéophobie - Négrophobie - Arabophobie - Germanophobie - Américanophobie - Candace (Gratien) - Clemenceau (Georges) - Daudet (Léon) - Diagne (Blaise) - Diouf (Galandou) - Du Bois (William E. B.) - Fanon (Franz) - Giscard d'Estaing (Valéry) - Lagrosillière (Joseph) - Lecache (Bernard) - Lyon-Caen (Léon) - Mandel (Georges) - Maran (René) - Pétain (Philippe) - Pleven (René) - Poincaré (Raymond) - Pompidou (Georges) - Terrenoire (Alain), etc.
En couverture : Le député guadeloupéen (1912-1942) et ancien ministre (1932-1933) Gratien Candace caricaturé par Bib dans Le Charivari, n° 378 du 27 décembre 1933.  Bib place dans la bouche de Candace la phrase « Yes, We Have no Bananas ». Cette chanson à succès de Frank Silver et Irving Cohn a été interprétée dix ans auparavant par la Revue musicale d'Eddie Cantor à New York et sans doute reprise dans des cabarets parisiens. Elle renvoie ici au discours de Candace en faveur des produits coloniaux - la banane est alors une denrée coloniale et « exotique (sic) » - et montre l'association courante du corps noir avec la nudité du sauvage avec une référence évidente dans la phrase à la ceinture - ou au pagne - de bananes de Joséphine Baker. Ce rapprochement entre homme noir, semi-nudité, bananes et cannibalisme ou sorcellerie a alors connu des précédents, notamment avec une caricature de Blaise Diagne par Sennep en 1928. Il est clair qu'elle donne toute sa résonance à la phrase « Nous qui ne connaissons pas le préjugé de race ». D'autres caricatures, en particulier celles d'hommes politiques juifs pourraient exprimer la même oxymore.
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L'avis de la librairie Le Divan (Paris, 15e)

Le Divan aime et vous conseille

C'est avec une grande profondeur d'analyse que l'auteur aborde ici ce que l'on pourrait qualifier de mythe de l'allergie française au racisme, longtemps servi par le contexte international de la ségrégation américaine et du nazisme avec lequel on le confond. Il faut attendre les années 70 post décolonisation pour que la multiplication des violences et discriminations racistes pousse aux réactions - sporadiques - d'un pouvoir dans la retenue ou le déni. Un ouvrage brillant, éclairant sur le vivre ensemble dans nos différences. Question qui n'a rien perdu de son acuité !

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L'avis de Gilles Legroux pour la Cliothèque


« Faire de l’histoire », tel nous a semblé être la seule ambition de l’auteur [...] L’auteur se propose, au fil des 430 pages qui revisitent un siècle d’histoire de France, d’analyser comment s’est construit le mythe républicain d’une France qui serait insensible au «  préjugé de race » car incompatible avec sa culture ; le « pays de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » [...] serait de ce fait culturellement immunisé contre le racisme.
Une lecture plus fine du titre nous donne aussi la clé de la démarche historienne de D. Chathuant qui combine et articule avec bonheur deux approches du sujet ou, si l’on préfère, deux échelles, l’internationale et la locale [...] [Lire la suite]

https://clio-cr.clionautes.org/nous-qui-ne-cultivons-pas-le-prejuge-de-race.html

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Un court entretien radiophonique sur Maunauscopie, Radio Mau Nau à Châlons-en-Champagne.

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A propos de l'article paru dans L’Union de Reims du lundi 12 décembre 2021

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